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Placements : les meilleures solutions pour épargner

Epargne : 7 questions essentielles

Face aux différentes inquiétudes financières, les épargnants ont, en général, deux réflexes : gonfler leurs comptes courants et, s’ils en ont les moyens, investir dans la pierre.

Pourtant, si l’on en croit les dernières tendances, les flux de placements financiers repartent à la hausse.

1. Que faire de son argent ?

« Le premier réflexe aujourd’hui lorsque l’on réalise que les taux courts sont devenus négatifs, c’est de laisser son argent sur son compte courant », constate Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne.

De fait, les dépôts à vue explosent.

Mais faut-il continuer de charger à bloc son compte à vue au moment même où l’idée de la taxation des dépôts commence à faire son chemin ?

« Il faut bien avoir en tête que l’on n’a jamais gagné beaucoup d’argent avec des placements à court terme, car lorsque les taux remontent, l’inflation suit et se charge d’absorber le différentiel apparent de rémunération », rappelle Philippe Crevel.

Il est donc plus que jamais nécessaire de relativiser les données de marché à l’aune d’une inflation quasi nulle, mais aussi celles de la fiscalité et des frais propres aux diverses solutions de trésorerie. A ce petit jeu, le Livret A sort toujours gagnant.

Il peut aussi être judicieux de regarder du côté « promotions de superlivrets », régulièrement mises en avant par des acteurs Internet comme BforBank, ING Direct, Fortuneo, RCI Banque… mais aussi par des réseaux classiques de banque et d’assurance (Société Générale, CIC, Allianz, AXA, etc.). Certaines de ces offres affichent encore des taux de 3 %, d’autant plus alléchants que l’on peut cumuler les souscriptions auprès des différentes enseignes.

Attention toutefois, les rémunérations annoncées, soumises à conditions (montant de versement limité, première souscription, etc.) sont éphémères et ne sont en général valables que deux ou trois mois.

Passé cette période, le taux initial s’applique à nouveau. La descente est alors sévère : rendement de 0,3 % pour l’emblématique livret Orange d’ING Direct, et de 0,6 % en moyenne pour les autres. Cette rémunération est d’autant plus dérisoire que, contrairement aux livrets réglementés, elle est soumise à l’impôt et aux prélèvements sociaux.

2. Quels placements pour commencer à se constituer une épargne ?

Pour Gilles Etienne, de Cyrus Conseil, un préalable s’impose : « Lorsque l’on démarre, on doit toujours opter pour des supports souples, dont on peut sortir à tout moment. » et éviter les montages qui reposent sur de l’endettement. Cela peut sembler évident. Pourtant, la liste des épargnants novices est longue. Et Didier Orens, Directeur gestion privée des Caisses d’Epargne, de renchérir : « Il ne faut jamais négliger les imprévus. Ceci étant posé, il convient ensuite de raisonner par projet, en privilégiant une logique d’épargne régulière conciliant préservation du capital et recherche de rendement. Cette allocation sera définie au cas par cas, en fonction de l’appétence au risque de chacun et de son horizon de placement. Il est également indispensable de tenir compte des logiques fiscales propres aux diverses solutions d’investissement. »

Cette feuille de route bien en main, l’épargnant a alors le choix entre plusieurs chemins balisés (comptes sur livrets, épargne logement, PEA, etc.) parmi lesquels les professionnels du patrimoine s’accordent à placer en tête… l’assurance-vie.

Celle-ci, aujourd’hui rémunérée au taux de 2 % hors frais et prélèvements sociaux, constitue un moyen souple et défiscalisé d’avoir du cash (sous réserve que les intérêts correspondant aux retraits n’excèdent pas 4.600 € ou 9.200 € pour un couple).

Pour l’épargnant, ses quatre atouts majeurs sont la liquidité, la diversité, une fiscalité allégée et un régime successoral dérogatoire, sans parler de la souplesse qu’elle concède à son utilisateur qui peut, dans la plupart des cas, alimenter son contrat par des versements libres susceptibles d’être suspendus à tout moment.

3. Comment limiter les risques ?

Par la diversité ! Les professionnels sont unanimes sur ce point mais le message n’est pas encore bien perçu par les épargnants.

Conscients de ce refus de prise de risques, les gestionnaires de patrimoine préconisent tous la même stratégie de diversification en douceur.

Comme le remarque Didier Orens : « On enfonce des portes ouvertes en le rappelant, mais c’est essentiel d’avoir un patrimoine financier ventilé entre des liquidités, du fonds en euros, des actions détenues via un PEA ou des unités de compte, mais aussi de la pierre papier sous forme de parts de SCPI et d’OPCI .».

4. Comment payer moins d’impôts ?

La question inquiète nombre de contribuables qui, victimes d’une imposition plus concentrée que jamais sur les classes « moyennes aisées », ont vu leur note fiscale grimper en flèche depuis 2012, sous la double impulsion de la réforme du quotient familial et de l’alignement de la taxation des gains du capital sur celle des autres revenus.

La tentation est grande alors de privilégier les placements synonymes d’allégements fiscaux et les solutions sont multiples :

  • capitalisation des revenus financiers dans des enveloppes exonérées (livrets réglementés, assurance-vie, PEA, épargne salariale, etc.),
  • déduction de ses investissements du revenu imposable (plans retraite, etc.)
  • ou encore réduction directe de l’impôt à payer via l’immobilier locatif, FCPI, etc…),
  • pour l’ISF, réduction de l’assiette taxable par l’achat d’oeuvres d’art, de parts de groupements forestier ou viticole, de contrats de capitalisation, souscription d’une tontine, etc…
  • ou encore l’action directe sur l’impôt dû par l’investissement dans des PME, ou des dons…

Certains placements défiscalisés rapportent peu mais sont garantis. D’autres exigent un engagement à long terme. D’autres, enfin, promettent de belles performances, mais ne sont pas sans prise de risque importante.

5. Quels placements pour la retraite ?

Dans tous les cas, le choix doit être cohérent. Il dont s’intégrer dans une stratégie financière, elle-même en ligne, en fonction de l’âge de l’épargnant, de sa situation professionnelle et familiale, de son horizon de placement et, bien sûr de son aversion au risque

Sur huit ans, un taux d’unités de compte (UC) de l’ordre de 30 à 40 % apparaît comme un bon compromis, quitte à réduire la voilure aux alentours de 10 % si l’on pense avoir besoin de son épargne dans les deux ans.

Puis, on peut, en complément, ouvrir un plan d’épargne en rente (Perp, contrat Madelin, Préfon, etc.) afin, surtout si l’on est fortement imposé (au moins 30 %), d’optimiser le gain fiscal associé à son alimentation. Les cotisations sont déductibles du revenu imposable à hauteur de 30.432 € en 2016 pour le Perp ou le Préfon (avec possibilités de majorations pour ceux qui veulent rattraper des années non cotisées et de 71.440 € pour le Madelin).

Pour les salariés qui ont accès à des dispositifs d’épargne entreprise, ils peuvent se pencher sur le Perco. Ce placement peut conduire à un capital défiscalisé ou à une rente faiblement imposée, au choix.

Par ailleurs, l’horizon de placement reste suffisamment long pour diversifier ses avoirs et en investir une fraction en actions, via un PEA. Celui-ci constituera, le jour venu, un complément de revenus d’autant plus appréciable qu’il sera totalement défiscalisé (y compris sous forme de rente viagère).

Autre piste, si vous avez fini de payer votre logement, pensez à l’immobilier de rapport (en direct ou sous forme de SCPI), source à la fois d’allégements fiscaux et de revenus complémentaires.

6. A qui confier son argent ?

Faut-il s’adresser à une banque grand public, un établissement de gestion privé, un conseiller patrimonial indépendant ou à l’une des fintech qui commencent à fleurir sur le Net ? Chacun de ces intermédiaires a ses qualités et ses limites.

Si l’on cherche à la fois la facilité d’accès, la solidité, le « tout en un » de gammes standards ouvertes sur toute la panoplie financière (comptes sur livret, épargne logement, assurance-vie, FCP, SCPI, etc.), pousser la porte de l’agence la plus proche de son domicile semble le plus approprié. Il faudra alors se contenter de solutions « maison », souvent peu concurrentielles, et composer avec un important turnover des chargés de clientèle.

A l’inverse, un conseiller indépendant vous offrira la qualité d’un lien exclusif, construit sur la durée, et la pertinence d’une offre multigestionnaire, mais ce sera parfois au prix d’une certaine fragilité de sa structure de fonctionnement. Même constat pour les CIF (conseillers en investissement financier) et autres courtiers qu’on trouve sur Internet.

Quant aux antennes de gestion privée, profitant à la fois de la solidité de l’établissement (banque ou assureur) qui les abrite tout en proposant des solutions sur mesure ouvertes sur les belles signatures du marché, elles ciblent uniquement les patrimoines financiers « confortables ».

Dès lors que l’on dispose d’un peu de patrimoine et sous réserve de sélectionner un intermédiaire ayant non seulement pignon sur rue mais en plus doté des divers agréments des autorités de contrôle (AMF, ACPR, Orias) pour exercer, et d’une belle surface financière, il vaut mieux multiplier ses interlocuteurs.

Outre le fait de favoriser la diversification de la gestion de ses avoirs, cette stratégie a le mérite de dupliquer les filets de sécurité susceptibles de se tendre dans l’hypothèse d’un krach financier générateur de défaillances.

7. Quelles erreurs éviter ?

La liste est longue :

  • négliger les imprévus en se dépossédant de ses liquidités,
  • manquer de réalisme en sous-estimant le rapport rendement-risque du moment,
  • oublier de raisonner par projet et horizon de placement,
  • céder à l’opportunisme et à la pression du vendeur,
  • s’arrêter au seul taux facial d’un placement affiché en gras plutôt que de se concentrer sur les conditions de l’offre détaillées en caractères minuscules,
  • ne pas comparer les frais, l’historique de performances,

Et surtout :

  • croire aux placements miracles,
  • foncer tête baissée sans se poser de questions ni se renseigner auprès de l’ACPR ou de l’AMF sur les garanties du produit proposé ou de l’intermédiaire qui le promeut.

Sans dresser une liste exhaustive des arnaqueurs à la finance et aux placements nébuleux, et pour conclure, il suffit de se référer aux derniers scandales du moment.


Cabinet Roche & Cie, Expert-comptable à Lyon
Spécialiste de l‘immobilier et de la fiscalité des non-résidents


Source : Les Echos, Votre Argent