Roche & Cie

L’effet Brexit et de Macron boostent l’immobilier de luxe en France

29 Juin 2018

Les ventes des biens de prestige bondissent depuis le début de l’année. Pour les professionnels du secteur, l’élection du Président Emmanuel Macron a envoyé un signal positif pour la clientèle fortunée.
Le secteur de l’immobilier de luxe s’avère particulièrement florissant depuis début 2018, surtout à Paris, un phénomène attribué par des professionnels à l’effet persistant de l’élection du Président Emmanuel Macron, même si les réseaux spécialisés craignent les conséquences, à terme, de la nouvelle fiscalité immobilière.

« Le marché est (…) extrêmement dynamique », se réjouissait, début juin, Charles-Marie Jottras, président du réseau spécialisé Daniel Féau, filiale du britannique Christie’s, résumant lors d’une conférence de presse le sentiment général du secteur.
A Paris et ses environs, qui représentent la grande majorité de l’immobilier de luxe en matière de résidences principales en France, le nombre de biens vendus par Daniel Féau a progressé de plus de 30% sur les cinq premiers mois de 2018, par rapport à la même période de l’année précédente.

Les clients fortunés de retour

Signe de la fébrilité du marché, les ventes sont très rapides. Tandis que Daniel Féau a réduit de moitié le délai moyen de vente des appartements de luxe, son grand concurrent Barnes fait état d’un bond de ses « ventes éclairs » – en quelques jours et sans négociation – dans la capitale.
Quant aux prix, ils montent encore, même si leur progression est modérée : chez Daniel Féau, les prix augmentent de près de 4% pour les biens de moins de deux millions d’euros, un peu plus de 1% entre deux et quatre millions, et près de 6% au-delà.

« Il y a eu un effet Macron très clair (…) depuis l’été dernier », met en avant M. Jottras. Les différents réseaux spécialisés sont unanimes à considérer que l’élection de Monsieur Macron en mai 2017 a établi un climat jugé plus favorable par la clientèle fortunée de l’immobilier de luxe. Ils en avaient déjà constaté les effets positifs à la fin de l’an dernier. « La confiance est revenue d’abord des étrangers puis des Français eux mêmes », avec le retour d’expatriés, remarquait mi-juin Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes , lors d’une table ronde de dirigeants du secteur.

Méfiance envers l’IFI

Reste que M. Demeure, à l’unisson du secteur, regrette un « rendez vous manqué d’Emmanuel Macron avec les expatriés revenus sur le territoire français » : la transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI). C’est tout le paradoxe des rapports du secteur avec le chef de l’exécutif : s’il tient un discours bien accueilli par la clientèle, sa politique fiscale est marquée par cette mesure de nature à décourager les investissements dans l’immobilier.

Pour l’heure, les réseaux sont clairs : le nouvel impôt a eu très peu, voire pas du tout d’effet sur leurs opérations. C’est pour la suite qu’ils sont méfiants. « L’IFI, les gens vont s’en apercevoir en payant leurs impôts cette année, l’année prochaine… », craint Monsieur Saint-Vincent.

Plus largement, avec la synchronisation du marché français et du reste du monde ainsi que la perspective de remontée des taux, « on peut penser que le marché va se calmer », conclut-il. « Le rattrapage a déjà fortement eu lieu. »


Cabinet Roche & Cie, Expert-comptable à Lyon
Spécialiste de l‘immobilier et de la fiscalité des non-résidents